
La World Wide Developper Conference d’Apple s’est tenue hier à San Francisco pour la première fois sous l’ère Tim Cook. A cette occasion, le successeur de Steve Jobs a mis fin aux rumeurs qui couraient depuis quelques temps sur le probable abandon de Google Maps. Sans grande surprise, il a effectivement annoncé que la sixième version d’iOS serait bel bien équipée d’un système de cartographie maison. Un système baptisé tout simplement Maps dont le développement sera confié à TomTom.
Si cette information est importante d’un point de vue purement technologique, c’est l’aspect stratégique qui m’amène à vous en parler aujourd’hui. L’envie d’autonomie éprouvée par Apple n’a rien d’anecdotique. Elle fait même suite à la volonté clairement affichée quelques mois plus tôt par Foursquare de se détacher progressivement de la solution de Google au profit d’Open Street Map.
Face à cette petite révolution, tentons de comprendre les enjeux d’un marché désormais concurrentiel à travers une analyse des alternatives existantes…
L’indépendance en ligne de mire !
Que ce soit pour Apple et Foursquare, l’abandon de Google Maps résulte avant tout d’un besoin omni-présent de se détacher de l’emprise du moteur de recherche. La célèbre firme basée à Montain View aux Etats-Unis évoluait jusqu’ici dans une situation de monopole dont elle a parfois abusé, ce qui n’était du goût ni des utilisateurs, ni de ses concurrents ! Bien que nous n’ayons pas de chiffres précis concernant les parts de marché détenues par Google dans le secteur de la cartographie en ligne, sa domination ne souffrait toujours au mois de février dernier d’aucune contestation. Mais entre temps, la donne a changé. Et si Google Maps est encore présent dans la plupart de nos smartphones, la “contestation” naissante et grandissante pourrait finir par contrarier son hégémonie.
Une contestation incarnée par Open Street Map, un projet également adopté par Microsoft (rien que ça) qui voit chaque jour sa cote de popularité grimper en flèche grâce notamment à son entière gratuité. Cette même gratuité qui fait beaucoup de tort à Google depuis que celui-ci a paradoxalement décidé de rendre l’accès à ses interfaces de développement payant en avril 2011. Le phénomène contestataire évoqué précédemment ne se limite plus de ce fait à ses seuls clients et rivaux. Comme le montre une étude menée par la société deCarta, sur les 488 développeurs utilisant ses API, la majorité a désapprouvé la décision prise par le géant du web.

- Google Maps ne fait plus l’unanimité chez les développeurs…
A contrario, TomTom vient de rendre son logiciel totalement gratuit. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il ait été choisi par Apple pour permettre aux futurs utilisateurs d’iOS 6 de tirer profit de la géolocalisation.
Google, le mauvais élève…
Si la concurrence sur le marché de la cartographie en ligne ne se ressent que depuis plusieurs mois, elle date en réalité de la naissance d’Open Street Map en 2004. Malgré ses grandes capacités à évoluer, le projet initié par Steve Coast a tardé à éclore, ce qui a permis à Google de profiter de la plupart de ses innovations. C’est le cas pour le crowdsourcing que l’on connait sous le nom de Google Map Makers et de la fonctionnalité permettant de modifier librement les fonds de cartes. En atteste cette comparaison de la cartographie du zoo de Berlin par les deux plateformes qui prouve qu’Open Street Map avait déjà un temps d’avance en 2010 ! De plus, à en croire la vidéo ci-dessous, l’application Map qu’intégreront prochainement les appareils Apple compatibles n’aura rien à envier aux innovations récemment mises en avant par Google. Construction des cartes via la participation de sa communauté, informations en temps réel sur l’évolution des conditions de trafic, reconnaissance vocale par le biais de Siri et modélisation en 3D des bâtiments seront en effet au rendez-vous.
Il devient dès lors légitime de s’interroger sur l’avenir du numéro un des moteurs de recherche en matière de cartographie en ligne. Alors que des monstres sacrés comme Microsoft et plus récemment Apple ont fait machine arrière en optant pour des solutions 100% gratuites, Google a de son côté maintenu son positionnement favorable à une exploitation du potentiel de son propre service moyennant une contre-partie financière. Peut-être que les 900 terminaux Android activés quotidiennement lui donneront raison. Affaire à suivre…
Source : clubic.com, inaglobal.fr






C’est vrai que la cartographie en ligne est un secteur stratégique, Google a voulu rentabiliser sa position que quasi-monopole sur le marché et les autres ténors n’ont pas apprécié, on se demande bien pourquoi?!
En ce qui concerne Apple, la volonté de recourir à son propre système de cartographie en ligne pourrait s’expliquer par le fait que la firme à la pomme a toujours tout fait pour n’être dépendant de personne. Que ce soit ses téléphones, ses tablettes, ou même ses lecteurs musicaux, tous ses appareils sont construits par ses soins et équipés de son propre OS. L’abandon de Google Maps est donc logique.
Par ailleurs, la stratégie adoptée par Google n’est peut-être pas la meilleure. En fermant une partie de son outil de développement, le moteur de recherche risque de se mettre à dos les développeurs qui n’hésiteront pas à adopter une alternative Open Source s’ils en ont l’opportunité. Des solutions gratuites qui seront d’ailleurs plus complètes du fait de leur mise à jour régulière par une communauté plus devenue importante…
Il est vrai que google est bien le leader dans ce domaine, un peut de concurrence d’une grande boîte comme celle-ci pourrait bien forcer tout ce beau monde à nous apporter de meilleurs services.
C’est vraisemblablement ce qui est en train de se passer. Il n’y a qu’à comparer les nouveautés annoncées par Google et Apple pour s’en rendre compte.
Comme je l’ai expliqué dans l’article, le service de cartographie en ligne nouvellement développé par TomTom ressemblera en tous points à Google Maps. Les deux applications permettront en effet de naviguer dans un univers virtuel en 3D et surtout d’accéder à des données mises à jour en temps réel, idéal pour ceux qui comptent s’en servir en guise de GPS.
C’est une excellente nouvelle, un concurrent cet ampleur va en quelque sorte forcer Google à mettre les bouchées double pour optimiser son service de cartographie en ligne et rester ténor dans ce domaine.
Michel
C’est effectivement ce qui s’est passé puisque Google a annoncé qu’il reverrait les tarifs de ses API à la baisse. On peut donc constater que l’abandon de Google Maps par Apple a provoqué une certaine prise de conscience du moteur de recherche, et alors qu’iOS 6 et son nouveau service de cartographie ne sont pas encore sortis !
De la concurrence ?, je vois plutôt un essai de la part d’Apple afin de maîtriser totalement sa clientèle, n’être dépendant que de soi même est surement ce que cherche à faire Apple.
Ainsi un total contrôle de sa gamme de produits et la tant attendue instauration du GPS made in La pomme.
C’est effectivement une façon de voir les choses. Avoir la main mise sur ses clients permettrai dans ce cas à Apple de renforcer un peu plus son emprise sur les utilisateurs, cette même emprise qui fait sa force depuis que feu Steve Jobs a repris les commandes de la firme en 1997. Mais, bien que je sois d’accord avec vous, cela reste tout de même une forme de concurrence